The Global Fund  JB Russel  Panos
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Paludisme : Focus sur les populations vulnérables

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Date de publication : 21 04 2022
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Focus sur les populations vulnérables

Le paludisme, provoqué par le plasmodium, un parasite transmis par certains types de moustiques, est l’une maladie infectieuse qui a emporté environ 627 000 personnes dans 85 pays selon l’OMS en 2020.  

Ce sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui courent le plus de risques en raison de la faiblesse de leur système immunitaire

La Région africaine de l’OMS supporte une part importante et disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2020, 95 % des cas de paludisme et 96 % des décès dus à la maladie ont été enregistrés dans cette Région. Les enfants de moins de 5 ans représentaient 80 % de l’ensemble des décès dus au paludisme dans la Région.

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Milda VAD Evalmous

Bénin | Mieux comprendre les obstacles aux stratégies de lutte contre le paludisme chez les femmes enceintes sur le terrain

La stratégie de prévention du paludisme pendant la grossesse en Afrique, repose notamment sur l’utilisation de la Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MILDA). L’incidence des infections par P. falciparum pendant la grossesse peut atteindre près de 20 pour 100 personnes-mois (1) et entraîner une anémie chez la mère et de faibles poids de naissance eux-mêmes associés à un risque élevé de mortalité maternelle et infantile. Ces indicateurs soulèvent des questions sur l’efficacité des stratégies de lutte. Depuis 2015, le Plan National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) du Bénin mobilise l’expertise de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), du Centre de Recherche en Entomologie de Cotonou  de l’Université d’Abomey-Calavi (CREC-UAC) et ce grâce à l’appui de L’Initiative pour réaliser une évaluation en vue de d’optimiser la stratégie de lutte contre le paludisme chez la femme enceinte au Bénin. Cette étude a été réalisée en plusieurs phases.

Finalisée en juin 2021, la 2ème phase de l’évaluation a été menée sur 720 femmes dans 12 centres de santé. Elle visait à évaluer la distribution, l’utilisation et l’efficacité physique et chimique des MILDA. Les résultats révèlent que 93 % des femmes enceintes recrutées lors de leur première consultation prénatale possèdent et utilisent déjà une moustiquaire. Cependant, seules 13 % des femmes enceintes interrogées utilisent une MILDA neuve reçue lors de cette première consultation prénatale. L’évaluation en laboratoire des moustiquaires utilisées par ces femmes enceintes a montré que seulement 61 % des moustiquaires utilisées étaient en bon état physique et 39 % bio-efficaces.

On constate donc que malgré une utilisation très majoritaire des MILDA par ces femmes enceintes, seule une minorité de femmes est protégée efficacement. L’ensemble de ces résultats révèle le degré hautement sous-optimal de l’implémentation sur le terrain de la stratégie de lutte contre le paludisme des femmes enceintes au Bénin.

A partir de l’été 2022, la troisième phase de l’évaluation interrogera un échantillon de femmes enceintes, leur entourage et le personnel de santé pour mieux comprendre les freins socio-anthropologiques à l’utilisation des moustiquaires et au recours au traitement préventif intermittent pendant la grossesse. Cela nourrira la stratégie nationale de riposte au paludisme.

  1. Hounkonnou CP, Briand V, Fievet N, Accrombessi M, Yovo E, Mama A, et al. Dynamics of submicroscopic Plasmodium falciparum infections throughout pregnancy: a preconception cohort study in Benin. Clin Infect Dis. 2020. https://doi.org/10.1093/cid/ciz748.

 

Partenaires : Plan National de Lutte contre le Paludisme du Bénin, Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Centre de Recherche en Entomologie de Cotonou de l’Université d’Abomey-Calavi 

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Cambodge

Cambodge | Comprendre l’épidémiologie du paludisme en zone forestière

Dans les pays de la région du Grand Mékong, les progrès accomplis ces dernières années dans la lutte contre le paludisme sont remarquables : l’élimination est à portée de main. Cependant, pour l’atteindre, il faut encore s’attaquer à certaines zones qui agissent comme des « réservoirs » de la maladie : les forêts.

Au Cambodge, l’Institut Pasteur mène une recherche pour documenter la transmission du paludisme en zone forestière et ainsi mieux la prévenir. Expertise France, via L'Initiative soutient ce projet de recherche opérationnelle pour mettre fin à l'épidémie de paludisme dans la région du Grand Mékong.

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Health workers Élise Simporé (L) and F. Ariel Ouedraogo (R), walk door to door to distribute Seasonal Malaria Chemoprevention (SMC), in Ouagadougou on October 12, 2020.

BURKINA FASO | Augmenter l’impact de la chimioproxylaxie saisonnière chez les enfants de moins de 5 ans

Les enfants de moins de 5 ans sont les plus exposés au risque de mourir du paludisme. Depuis 2012, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de leur dispenser un traitement prophylactique une fois par mois pendant la saison des pluies (lorsque le risque de paludisme est élevé) afin de réduire la mortalité dans ce groupe de population particulièrement vulnérable.

Au Burkina Faso, la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) a atteint un bon taux de couverture, pourtant la mortalité reste élevée chez les enfants. Cela laisse présager que des facteurs encore inconnus peuvent affecter négativement l’efficacité de la CPS.

L’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Burkina Faso conduit actuellement un projet de recherche visant à dépister et traiter tous les membres de la famille (symptomatiques comme asymptomatiques) qui partagent l’habitat des enfants prenant un traitement préventif. En asséchant le réservoir parasitaire, les chercheurs espèrent casser le cycle de transmission du parasite, et augmenter ainsi l’efficacité de la CPS. Si cette intervention se démontre probante, elle pourra renforcer de manière significative l’arsenal des stratégies préventives visant à protéger les enfants des formes graves du paludisme.

Partenaires : Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Burkina Faso

Seasonal Malaria Chemoprevention (SMC) pills, on October 12, 2020.

Mali | Améliorer les stratégies prophylactiques en direction des femmes enceintes

Au Mali, la mortalité liée au paludisme pendant la grossesse représente 15 % de la mortalité maternelle. Le paludisme grave constitue également une menace importante pour les nouveau-nés augmentant le risque de fausses couches, d’accouchement prématuré, de faible poids à la naissance et de mortalité néonatale. Parmi les interventions préventives contre le paludisme chez les femmes enceintes, l’OMS recommande dans les zones de transmission modérée à élevée de Plasmodium falciparum le traitement préventif intermittent à base de 3 doses de sulfadoxine-pyriméthamine (TPI/SP). La première dose doit être administrée le plus tôt possible au deuxième trimestre, et les doses suivantes à chaque contact avec un professionnel de la santé formé jusqu'au moment de l’accouchement, en veillant à ce que les doses de TPI-SP soient administrées à au moins un mois d'intervalle.

Malheureusement, au Mali le taux de couverture du TPI/SP ne dépasse pas les 28 % des femmes enceintes. Afin d’augmenter la couverture de ce traitement prophylactique pendant la grossesse, un projet de recherche opérationnelle sous la supervision scientifique de la société gynécologique SOMAGO vise à mettre en œuvre et évaluer un nouveau modèle de suivi prénatal en 8 contacts recommandé par l’OMS depuis 2016. L’augmentation du nombre de consultations prénatales devrait multiplier les occasions pour améliorer la couverture du traitement préventif chez les femmes enceintes.

Partenaires : Société Malienne de Gynécologie Obstétrique (SOMAGO)