OBJECTIF : ELIMINATION DE LA RESISTANCE AUX ANTIPALUDIQUES

Date de publication
jeu 22/04/2021 - 10:00
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Dans la région du Grand Mékong, l’histoire du paludisme rime avec urgence et opportunité. Le nombre de décès a considérablement diminué ces dix dernières années, mais la résistance aux médicaments menace aujourd’hui ces avancées et constitue un nouveau risque pour la santé mondiale. C’est pourquoi le Fonds mondial a lancé en 2013 l’initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine (RAI).

Izaskun Gaviria, gestionnaire de portefeuille du Fonds mondial nous explique en quoi cette réponse est la clé de l’endiguement de cette menace. 

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Comment la résistance aux antipaludiques s’est-elle répandue en Asie du Sud-Est ?
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Jusqu’à présent, la résistance des parasites du paludisme à l’artémisinine – composant principal des meilleurs traitements antipaludiques disponibles – a été détectée dans six pays de la région du Grand Mékong : la Birmanie, le Cambodge, la Chine, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam. Si rien n’est fait pour contenir cette résistance, elle risque de s’étendre vers l’ouest, en Inde, voire jusqu’en Afrique, ce qui aurait des conséquences catastrophiques. Les premiers efforts déployés pour contenir le problème à l’intérieur des frontières n’ont pas totalement réussi, car en continuant de voyager d’un pays à l’autre, les gens ont transporté avec eux des souches résistantes. Nous avons donc changé d’approche. Nous visons maintenant l’éradication totale de la souche résistante dans toute la région.

 

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Comment les initiatives régionales comme la RAI peuvent-elles répondre au problème ?
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Un problème de résistance comme celui qui touche la région du Grand Mékong exige une réponse régionale coordonnée. 

Un problème de résistance comme celui qui touche la région du Grand Mékong exige une réponse régionale coordonnée. Tous ces pays étant confrontés à des difficultés similaires – migrations, problèmes de minorité ethniques, zones difficiles d’accès –, ils peuvent bénéficier de solutions similaires. La RAI coordonne la surveillance des cas de paludisme, y compris de ceux qui traversent les frontières, et s’assure que tous les pays suivent les recommandations. Tout ceci est possible grâce à un réseau solide de partenaires, dont le bureau régional de l’OMS à Phnom Penh, réunis sous la tutelle de la RAI, et à une plateforme de coordination des organisations de la société civile de la région.

Le travail de ces organisations nous est précieux surtout dans les régions contrôlées par des minorités ethniques et dans les zones difficiles d’accès. Nous soutenons également un réseau d’environ 40 000 bénévoles dans les villages, qui dépistent et soignent leurs communautés. Les cas détectés sont alors signalés sur une application de smartphone qui alimente la base de données nationale en temps réel. Cette gestion complexe des informations sur le paludisme s’est avérée cruciale pour la surveillance des cas dans la région et pour faciliter une réponse rapide en cas d’épidémie.

 

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Quels sont les résultats positifs de cette approche ?
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Il semble aujourd’hui possible d’éradiquer le plasmodium falciparum dans les six pays d’ici 2023.

Pendant des années, l’éradication du plasmodium falciparum, la souche de la maladie susceptible de développer une résistance, était inimaginable. Et pourtant, c’est exactement ce qui est en train de se produire. Nous avons vu les cas de paludisme chuter spectaculairement dans chaque pays où la RAI est active. Il semble aujourd’hui possible d’éradiquer le plasmodium falciparum dans les six pays d’ici 2023. Encore récemment, nous visions l’horizon 2025, voire 2030. Jamais dans l’histoire on n’a réussi à éradiquer le paludisme dans une région entière aussi rapidement. C’est une réussite historique.

 

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Dans quelle mesure l’assistance technique de L’Initiative a-t-elle contribué à ce succès ?
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Depuis la création du RAI, L’Initiative est un partenaire indispensable. Elle a systématiquement mis à disposition les ressources nécessaires au recrutement de consultants de haut niveau pour soutenir ses demandes de subvention. Depuis 2013, nous avons lancé trois campagnes de financement, et L’Initiative a répondu présente à chaque fois. Elle a été particulièrement généreuse lors de la dernière campagne, en finançant un grand nombre de consultants qui nous aident maintenant aux niveaux national et régional.

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Ce modèle de coopération et de coordination peut-il être appliqué à d’autres défis sanitaires ou d’autres régions du monde ?
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Nous voulons partager nos bonnes pratiques avec des régions qui seraient dans la même situation, comme l’Afrique australe par exemple.

Absolument. Nous voulons partager nos bonnes pratiques avec des régions qui seraient dans la même situation, comme l’Afrique australe par exemple. Là-bas, huit pays font face à des problèmes de migration, d’accessibilité et de tensions ethniques similaires, sans nécessairement présenter la même situation socioéconomique. Pour coopérer de manière efficace en matière de lutte contre le paludisme, les pays de cette région pourraient tirer profit d’un système régional de gestion des données, du déploiement de bénévoles et de la création d’une institution de coordination de haut niveau pour superviser les avancements.

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