« C’EST TOUJOURS LA SANTE DU PATIENT QUI DOIT PRIMER »

Date de publication
ven 26/03/2021 - 10:00
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Spécialiste du renforcement des systèmes de santé et de la santé communautaire, Félix Brou dispose d’une longue expérience dans le renforcement de système communautaire en Afrique de l’Ouest et centrale. Il nous fait part de son expérience de terrain.

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Vous êtes un « expert communautaire ». Qu’est-ce que cela signifie ?
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Un expert en santé communautaire est généralement titulaire d’un diplôme universitaire en santé publique, en santé communautaire ou en sciences sociales. Mais il a surtout une expérience professionnelle de terrain significative dans le secteur associatif.

La première qualité d’un expert en tuberculose communautaire, c’est sa connaissance approfondie des stratégies communautaires en santé, ainsi que des directives internationales sur la tuberculose, notamment celles de l’OMS, du Fonds mondial, de Stop TB Partnership, etc. Il convient aussi de savoir pratiquer la « diplomatie non gouvernementale ». À savoir la gestion des équilibres et des susceptibilités entre les acteurs étatiques et associatifs dont les intérêts immédiats ne concordent pas toujours. In fine, c’est toujours la santé des patient·e·s qui doit primer !

 

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Pouvez-vous nous parler de votre expérience sur le volet communautaire de la subvention du Fonds mondial en Côte d’Ivoire ?
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En 2011, quand j’ai rejoint Caritas Côte d’Ivoire, l’association venait d’être désignée récipiendaire principal du volet communautaire de la tuberculose sur le cycle du Fonds mondial. Dans le pays, c’était la première fois qu’un dispositif de prise en charge communautaire de la tuberculose, non rattaché à la coordination directe du programme national de lutte contre la tuberculose, était responsable d’un volet de la subvention du Fonds mondial.

En tant que responsable du suivi-évaluation, j’ai contribué à la conception et au déploiement national de la stratégie de collecte et de transport des crachats de la communauté vers le centre de diagnostic et de traitement le plus proche. Fin 2014, après deux ans de mise en œuvre sur le terrain, le travail communautaire avait déjà permis de réduire le taux de patients perdus de vue de 9 % en 2011 à 4 % en 2014. Parallèlement, la détection des cas de tuberculose a augmenté de 15 % dans les régions concernées par le projet. Ce programme a vraiment eu des effets concrets sur le suivi de la tuberculose dans le pays.

 

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Vous avez travaillé en lien avec Médecins du Monde, que nous soutenons sur un programme de prise en charge des usager·ère·s de drogues à Abidjan. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle dans le projet ?
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Quand j’étais coordonnateur du programme tuberculose chez Alliance Côte d’Ivoire, nous avons été sollicités par Médecins du Monde pour participer à la création d’une ONG d’usager·ère·s de drogues et mettre en place un dispositif de soins dédié. Dans ce cadre, j’ai mis à disposition mon assistant qui a formé des responsables de cette ONG à la prise en charge communautaire et au dépistage des usager·ère·s de drogues présentant des symptômes de la tuberculose.

 

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Avec L’Initiative, vous avez participé à plusieurs missions d’appui aux stratégies communautaires de lutte contre la tuberculose en Afrique de l’Ouest et centrale. Quelles évolutions avez-vous constatées depuis ?
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En 2018, L’Initiative m’a mobilisé pour une mission d’appui à l’élaboration de la stratégie de renforcement des systèmes communautaires dans la lutte contre la tuberculose au Niger. Depuis, les voix des associations engagées contre la tuberculose et des organisations de malades portent davantage. Un réseau des associations de lutte contre la tuberculose s’est mis en place et nous le soutenons dans le cadre de la Dynamique de la réponse contre la tuberculose en Afrique francophone (DRAF-TB), réseau sous régional qui couvre 12 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.

J’aimerais évoquer une autre mission réalisée en 2017 : j’ai eu la chance de poser les fondations du premier dispositif d’implication communautaire de la tuberculose au Cameroun dans le cadre d’une demande de financement au Fonds mondial. Les résultats positifs de ce dispositif expérimental ont valu au pays un appui financier supplémentaire de plus 5 millions d’euros pour 2020-2022. Cette subvention permettra de renforcer l’implication communautaire dans la recherche active des cas de tuberculose au Cameroun.

 

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